2016

TIMON D'ATHENES / Shakespeare


Mise en scène / Cyril COTINAUT & Sébastien DAVIS

 

Scénographie / Rachel VERDONCK


Distribution / Julien AUBRUN, Alienor DE GEORGES, Frédéric DE GOLDFIEM, Yann LHEUREUX, Thomas ROUSSELOT, Cyrielle VOGUET

Crédit photo: Eric Bénier-Bürckel
Photo: Eric Bénier-Bürckel

PARTENAIRES

Production / TAC.Théâtre & ARPA.

Co-production / Théâtre National de Nice - CDN de Nice Côte d'Azur / Auditorium Jean Moulin - Arts Vivants en Vaucluse - Le Thor

Soutiens / Dispositif Fabrique Mimont - Cannes / L'EntrePont - Nice

SPEDIDAM / Forum J. Prévert - Pôle Régional de Carros.

Aide à la création / DRAC Lorraine / Conseil Régional de Lorraine

CALENDRIER  DE CREATION

Octobre 2015 / Fabrique Mimont - Cannes & ERAC.

Janvier 2016 / Work in Progress - Festival Shake Nice! / Théâtre National de Nice - CDN de Nice Côte d'Azur.

Juin 2016 /  L'EntrePont - Nice.

Septembre 2016 / Auditorium J. Moulin - Le Thor.

Octobre 2016 / Théâtre National de Nice.

Décembre 2016 / Forum Jacques Prévert - Pôle Régional de Carros.

CALENDRIER DE DIFFUSION

2 décembre 2016 Création Forum Prévert - Pôle Régional de Carros.

19 au 21 janvier 2017 Festival Shake Nice! Théâtre National de Nice.

24 janvier 2017 Auditorium Jean Moulin - Le Thor (84).

Eté 2017 Fort Antoine - Monaco

14 ou 21 novembre 2017 Scène 55 - Mougins (06).

 

2018 Théâtre G. Philipe - Scène conventionnée de Frouard (54)

2018 Théâtre Ici et Là - Mancieulles (54)

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PLAQUETTE DE PRESENTATION

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2016. Plaquette TIMON D'ATHENES - TAC.Th
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DOSSIER DE PRESENTATION

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20161014. Dossier TIMON D'ATHENES - Shak
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PHOTOS

TEASERS

PROPOS

Genèse du projet.

Après cinq années passées sur le théâtre antique grec, conclues par la production de la trilogie Les Enfants d’Atrée - Agamemnon / Eschyle > Electre / Sophocle > Oreste / Euripide, Shakespeare s’est imposé comme une évidence.

Aborder aujourd’hui Shakespeare, c’est continuer notre recherche autour d’un vieux théâtre dont les échos, les vibrations, les répliques agiteraient encore notre monde. Voilà précisément ce que nous recherchons : l’endroit de la résonance universelle, celle qui transcende les lieux, les époques, les mœurs. Celle où l’humain a toujours été ce monstre, cet orgueilleux, ce génie, ce sage, ce fou… Un endroit du passé qui ressemblerait à s’y méprendre à cet endroit d’aujourd’hui et qu’il conviendrait d’explorer pour mieux se comprendre. Et voilà ce que nous permet Shakespeare : une exploration de l’Homme parmi les autres hommes. Son théâtre semble traversé par une question essentielle, fondamentale, insoluble : comment pouvons-nous vivre les uns avec les autres ? Sur quels fondements, idéologies, règles, espoirs et désillusions ?

Ce qu’il y a de clair et d’évident, que personne ne peut ignorer, c’est que la nature nous a tous créés et coulés en quelque sorte dans le même moule, pour nous montrer que nous sommes tous égaux, ou plutôt frères. Et si, dans le partage qu’elle a fait de ses dons, elle a prodigué quelques avantages de corps ou d’esprit aux uns plus qu’aux autres, elle n’a cependant pas voulu nous mettre en ce monde comme sur un champ de bataille, et n’a pas envoyé ici bas les plus forts ou les plus adroits comme des brigands armés dans une forêt pour y malmener les plus faibles. Etienne de La Boetie, Discours sur la servitude volontaire.

Timon d’Athènes, la plus actuelle des pièces de Shakespeare.

Ecrite en 1607-1608, probablement à quatre mains par les dramaturges anglais William Shakespeare et Thomas Middleton, Timon d’Athènes relate la vie de Timon, riche citoyen d’Athènes et son basculement de la philantropie à la misanthropie.

Timon est riche. Plutôt que de garder sa richesse pour lui-même, il la dépense dans le but d’améliorer la vie des autres.  Soudainement ruiné, accablé de dettes, Timon se tourne vers ses amis. Trahi, il s’exile en hurlant à la face du monde sa rage et sa haine de l’humanité.
Dans son dénuement, le hasard met sur sa route une mine d’or. Cet or, autrefois utilisé à procurer du bonheur, devient alors le poison d’une société au bord de sa destruction, en proie au désordre, à la peur, au nationalisme.

Notre spectacle vise à démonter et montrer des mécanismes sociaux stériles et serviles: ou comment la peur est le principal obstacle au bonheur que seule la liberté peut procurer.
Ici, il s’agit de la peur de donner, de tout perdre, la peur de manquer, de faire confiance aux autres. La peur de se libérer. Et au final, le choix de la servitude.
Dans ce schéma, l’argent devient alors capital, la perte du capital devient dette, la peur de la pénurie crée la pénurie. Méfiance, séparation des classes sociales, montée de la contestation, du mécontentement, de la violence, du populisme, de la propagande, du nationalisme, du tout-sécuritaire...
Dans un monde en crise, au bord du chaos, Shakespeare nous montre que l’argent est une divinité difficile à vaincre, que l’homme - son esclave - préfère sa servitude confortable à une liberté risquée. Il constate qu’il serait facile à l’humanité de sortir de son marasme si seulement elle s’en donnait les moyens, mais que la peur de l’autre est précisément ce qui l’en empêche. Il nous invite enfin à voir, à travers le parcours de Timon, de quelle façon l’homme le plus doux, le plus humaniste, peut se transformer à son tour en bête sauvage.

Mise en oeuvre du projet.

Cinq acteurs jouent tous les rôles - sénateurs athéniens, artistes bourgeois, serviteurs fidèles ou précaires,  prostituées, indigents révoltés... - et construisent des groupes sociaux qui virevoltent  autour d’un Timon aussi radical dans sa confiance en l’homme que dans sa haine de l’humanité.

A travers la méthode de répétition dite de l’Etude, nous avons retraduit Shakespeare avec nos six acteurs, pour redonner à sa langue la modernité, la clarté et la diversité des registres de parole: langue aristocratique des notables,  trivialité grivoise des bourgeois, langage de la rue de l’homme du peuple.

Nous y avons ajouté d’autres matières textuelles, auteurs et citations qui font écho, approfondissent ou orientent la pièce. Shakespeare flirte ici avec Etienne de La Boétie (Discours sur la servitude volontaire), Machiavel (Le Prince) ou encore Karl Marx qui voyait en Timon d’Athènes un exemple parfait du pouvoir de l’argent.

Ce que l’argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l’argent. (...) Ce que je suis n’est donc nullement déterminé par mon individualité. Je suis laid mais je peux m’acheter la plus belle femme. Donc je ne suis pas laid, car l’effet de la laideur, sa force repoussante, est anéanti par l’argent. L’argent est une divinité invisible qui transforme les choses en leur contraire. Mon argent transforme toutes mes impuissances en leur contraire. Karl Marx, à propos de Timon d’Athènes - Manuscrits de 1844

Le spectacle est ponctué par la musique d’Henry Purcell (qui a écrit pour Timon d’Athènes), adaptée et modernisée dans des versions tantôt acoustiques, tantôt électros.

La scénographie enfin est fidèle au retournement de situation de Timon: de la prodigalité au vide total. Dans un joyeux mouvement de valse, tout ce qui appartenait à Timon lui est volé et le plateau devient alors espace vide, propice au dialogue philosophique. Seul un tulle offre par sa transparence ponctuelle les ruines d’une civilisation des arts et lettres en décrépitude...

Le Poète : Comment va le monde?
Le Peintre : Il s’use, Monsieur, à mesure qu’il grandit...
W.Shakespeare, Timon d’Athènes A.I