2018

LE CASQUE ET L'ENCLUME: Que sera le théâtre dans 50 ans?


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2019.10. Le Casque et l'Enclume - Dossie
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Ecriture, Mise en scène et Jeu  / Cyril COTINAUT & Sébastien DAVIS

 

Collaboration artistique / Rachel VERDONCK

 

Lumière / Alexandre TOSCANI


Production /TAC.Théâtre & Théâtre National de Nice - CDN de Nice Côte d'Azur

Avec le soutien de la Maison de la Poésie - Avignon.


Teaser



 

NOTE D'INTENTION

 

" Nous avons profité de cette carte blanche que nous a laissée Irina Brook pour renouer avec une pratique que nous avons longuement étudié auprès d’Anatoli Vassiliev, à l’ENSATT, à savoir le dialogue philosophique.

 

 

EN 1968,  NOUS N’ETIONS PAS NES...

 

Etant nés près d’une décennie après les événements de 68, nous ne nous sentions pas la légitimité de parler d’une époque que nous ne connaissions que par le biais de slogans ou de photos. 

En revanche, parler de notre époque, de notre monde, du théâtre que nous vivons au quotidien était dans nos cordes. Nous avons donc fait le choix de porter un regard sur le théâtre tel que nous le pratiquons aujourd’hui en imaginant que nous sommes des "experts" de 1968 qui, à l’aune des événements de 68, rêvent le théâtre dans 50 ans. 

 

Se décaler dans le temps, c’est opérer le même processus que Montesquieu dans ses Lettres Persanes: un regard étranger sur la société française. Et c’est ce décalage qui est l’endroit même où l’humour peut naître.

Nous ne critiquons pas l’échelle branlante sur laquelle nous sommes juchés - nous nous postons sur une autre échelle, fictive, pour observer cette échelle réelle, plus nette.

 

 

Dans ce spectacle, nous avons mis en perspective deux époques, celle de 68 où tous les rêves sont autorisés, et la nôtre, celle de 2018, où le rêve a peu de place... Par ce moyen simple, nous avons créé un milieu de jeu ludique, léger, grâce auquel nous portons sur notre époque et sur celle de nos parents un regard tendre, amusé et critique.

 

... NOUS POUVIONS DONC TOUT IMAGINER. 

 

Nous avions alors le droit d’imaginer la disparition du festival d’Avignon de Vilar et l’essor du festival mondial de Nancy initié par Jack Lang. Nous pouvions alors rêver du Festival Off d’Avignon comme un véritable lieu de le contestation politique "avec uniquement des spectacles anti-conformistes, anti-bourgeois, anti-commerciaux" ou encore "les artistes se mêlant aux cheminots pour créer des formes contestataires et révolutionnaires dans les gares pour remplacer ce moyen de lutte dépassé qu’est la grève".

 

Nous n’avons cherché à épargner personne: ni Jean Vilar ("ce fasciste de Jean Vilar"), ni les directeurs des théâtres qui "squattent les maisons de production théâtrale", et surtout pas nous, "petits metteurs en scène frustrés qui regardons avec dégoût et jalousie les superproductions de la Cour d’Honneur".

 

Nous avons affirmé d’autres politiques culturelles ("l’égalité des moyens de production et de diffusion pour tous!") jusqu’à tomber dans de fâcheux paradoxes ("l’égalité parfaite annule toute possibilité de liberté")...

 

Nous faisons savoir que l’ordonnance créant le régime d’indemnisation du spectacle a été signé par un certain Jacques Chirac, secrétaire d’Etat sous Raymond Pompidou, 1er ministre de Charles De Gaulle... 

Nous parlons du théâtre comme peut-être il devrait être et comme il ne faudrait surtout pas qu’il soit - ce qui revient à peu près au même - dans un dialogue rythmé, documenté, politique, absurde, mené par deux marxistes-léninistes-trotskistes... de droite!"

 

 

GENESE DU PROJET

 

 

Cyril Cotinaut et Sébastien Davis se sont rencontrés au sein du 1er Département de Recherche et de Formation à la Mise en Scène à l’ENSATT (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre); à l’époque dirigée par le pédagogue russe Anatoli Vassiliev. 

Entres autres laboratoires, ils y ont étudié l’art du dialogue philosophique. 

 

A leur sortie de l’ENSATT qui s’est achevée sur une première collaboration dans le cadre de l’Atelier Vassiliev au Festival IN Avignon 2008, ils ont co-mis en scène L’Ecole des Bouffons de Michel de Ghelderode, spectacle finaliste du Prix Jeunes Metteurs en Scène 2009  - Théâtre 13 / Paris.

Ils se retrouvent ensuite pour diriger un Timon d’Athènes, d’après William Shakespeare, Etienne de La Boétie, Karl Marx, Machiavel... en coproduction avec le Théâtre National de Nice - CDN de Nice Côte d’Azur.

 

Pour la première fois depuis 10 ans, ils remontent ensemble au plateau, endossent les rôles d’acteurs et d’auteurs, et se plongent dans l’atmosphère des événements de Mai 1968 pour produire cette création autour du théâtre, de l’Art, de la politique cinquante ans plus tard.

 

EXTRAIT

 

" - Vous avez vu la réaction de Jean Vilar quand André Benedetto et sa Nouvelle Compagnie d’Avignon a en quelque sorte créé un festival non officiel en 1966, avec son spectacle « Statues » dans ce nouveau lieu, le théâtre des Carmes ? Et bien l’année d’après, que fait Vilar ? Il programme un spectacle à 50 mètres de là, au Cloître des Carmes !

Voilà l’esprit de Vilar ! Il dit qu'il veut « transfuser l’esprit de mai 68 au Festival », mais il s’oppose aux jeunes artistes engagés parce qu’il sait au fond de lui que c’est dans ces petits théâtres-là, menés par des révolutionnaires comme Benedetto que l’esprit de mai 68 va se poursuivre.
Et vous verrez que naîtra un second festival d’Avignon, bien plus grand ! Un festival mondial dont l’essence même sera UNIQUEMENT la contestation et la politique, où nous ne verrons QUE des spectacles engagés, anticonformistes, antibourgeois".